23/05/2019 à Moreila

Le réveil sonne à 5h, il fait nuit noire alors que nous rangeons nos affaires à la lampe frontale. Nous avons décidé de tout ranger, et de laisser nos vélos à l’arrière du restaurant. Le jour se lève à peine lorsque Philaé se réveille, un peu surprise. Notre voiture avec chauffeur est à l’heure, et nous partons directement pour la route qui mène aux ruines de Calakmul. Cette route fait 60km, l’asphalte est en bon état mais avec par endroit des trous créés par les inondations. Nous voici dans la « selva » (jungle). A cette heure matinale, nous croisons beaucoup d’animaux : des dindons sauvages (surtout), des faisans, un toucan, des singes et autres petits mammifères perchés dans les arbres.

Après 1h30 de voiture, et un vomi de Philaé sur les genoux d’Amélie, sûrement gênée par les nombreux virages et la ceinture de sécurité, nous voici à l’entrée des ruines. Nous prenons notre petit déjeuner sur le parking, il n’y a que trois autres voitures de touristes.
Un dernier passage par la caisse (c’est notre troisième depuis l’entrée du parc), puis nous partons seuls à la découverte des lieux.

Des singes passent au dessus de nos têtes, sautant de branche en branche, nous apercevons un cochon sauvage.
Disséminées dans la forêt tropicale, nous découvrons de nombreuses constructions en pierres datant de la période « preclassique ». Nous grimpons sur deux pyramides, et nous voilà à chaque fois au dessus des arbres, avec une vue à 360°.

Les cris des singes hurleurs nous accompagnent. Petites et grandes acropoles, chemins serpentants entre les arbres voûtés, nous nous perdons facilement.
Il est un peu plus de midi lorsque nous rejoignons notre chauffeur. Sur le chemin du retour, Philaé s’endort dans les bras d’Amélie. Nous évitons d’écraser un serpent vénéneux, et arrivons sans encombre à nos vélos.

Nous déjeunons, puis nous patientons jusqu’à 16h avant de reprendre le guidon. Avec le vent de face, nous faisons 26km jusqu’au hameau de Moreila. Nous demandons à la gérante d’une tienda où nous pouvons poser la tente. Elle nous écrit le nom de Dona Olga sur un bout de papier, et nous dit que nous pouvons demander à dormir au commissariat. Il nous suffit d’aller trois rues plus loin.
Et effectivement, Dona Olga est assise sur le trottoir, au milieu d’un groupe de femmes. Notre demande semble les surprendre un peu, elles discutent entre elles. Philaé encore dans sa carriole, joue avec les enfants qui se sont rassemblés autour d’elle. Finalement on nous propose de venir nous installer près d’une maison en construction, et nous pourrons avoir accès aux toilettes des voisins. C’est parfait pour nous.
Philaé est ravie, une petite fille vient jouer avec elle jusqu’à la tombée de la nuit. Il y a de nombreux animaux sur le terrain : chiens, moutons, poules, tortues…
La maîtresse de maison fait brûler ses déchets à quelques mètres de nous, les chiens attendent à nos côtés, ils espèrent récupérer quelques miettes de notre repas.
Cette nuit, nous ne serons pas gênés par la lueur d’un lampadaire, il n’y a plus d’électricité dans le village depuis plusieurs jours.

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